Cat cafés : le chat est roi

Deux bars à chats ont ouvert leurs portes à Montréal en 2014. Appelés cat cafés par les initiés, on peut y manger parmi les félins.

Le phénomène vient de Taïwan. Depuis 2004, les Japonais démocratisent le concept avec l’ouverture d’une centaine d’établissements dédiés au « cat loving ». Toutes les grandes villes du monde s’intéressent maintenant à ce type de commerce. Nous avons visité les bars à chats montréalais le Chat L’Heureux et le Café des Chats. Une de nos reporters de passage à Londres en a profité pour prendre quelques clichés de sa visite au Lady Dinah’s Cat Emporium.

Chaque propriétaire est clair : toute personne ne respectant pas les directives sera expulsée.

Clément Marty, du Café Chat L’Heureux, constate que l’interdiction de prendre les chats surprend plusieurs clients : « l’expérience, ce n’est pas d’avoir un minou dans les bras et de prendre un «selfie». C’est déjà arrivé, quelqu’un qui s’est fait griffer. Il n’avait pas respecté les règles. Si quelqu’un fréquente ce genre d’établissement, il sait les risques qu’il y a derrière. »

Les commerces misent sur l’offre alimentaire et sur la vente de produits dérivés. Pour réduire les frais liés à l’équipement des animaux, le Café des Chats est commandité par les aliments Royal Canin.

La salubrité des lieux soulève plusieurs enjeux. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) exige une séparation complète des cuisines et des installations réservées aux chats. Les cafés montréalais ont une pièce fermée, dédiée aux litières. À Londres, les litières sont dispersées sur les deux étages du café. À quelques mètres des clients.

Les pensionnaires proviennent de différents refuges. Les animaux sont sélectionnés pour leur comportement et leur sociabilité. Anita Kapuscinska de la SPCA confirme que le Café des Chats a sollicité leurs services. « Le processus d’adoption est plus complexe qu’en général. Chaque fois que les animaux sont utilisés pour un divertissement, la SPCA se pose beaucoup de questions. »

 

 

Au Québec, chaque établissement abrite un maximum de 14 chats. Les deux cafés montréalais admettent avoir eu la visite d’inspecteurs du MAPAQ dès leur première semaine.

Youssef Nabib, propriétaire du Café des Chats, cible la femme entre 25 et 50 ans. « Les garçons voient qu’il y a beaucoup de filles ! »

Daphnée fréquente l’établissement pour la quiétude de l’endroit; « Mon chum est allergique. C’est la seule façon d’être en contact avec des chats ».

Au Chat L’Heureux, Clément Marty avoue accueillir certains clients avides d’endroits insolites. Différentes activités l’aident à diversifier sa clientèle. Il offre des séances de zoothérapie pour les enfants, les personnes âgées et les handicapés.

Mais les visiteurs ne sont pas toujours disciplinés. Certains s’amusent au détriment du bien-être des félins. L’organisme britannique Cats Protection redoute que les bars à chats soient trop stressants pour le caractère solitaire des animaux. Youssef Nabib interdit même les bambins au Café des Chats parce qu’ils « pleurent, crient, jettent des jouets ». Il incombe à chaque propriétaire de prendre au sérieux l’aspect éducatif de son travail.

Certains groupes de protection des animaux ajoutent que les cat cafés ne jouent pas un véritable rôle de sauveur. Les chats qui correspondent aux critères recherchés sont les plus prisés; ils trouveraient aisément un foyer d’adoption.

 

 

Au terme des visites, la bonne foi des propriétaires fait consensus. Des sommes considérables sont investies dans l’aménagement d’un lieu respectant le rythme des chats. La satisfaction des clients est évidente. Tous les endroits étaient bondés. « Sur YouTube, les chats sont la deuxième recherche la plus populaire », nous informe Clément Marty.

Le public est prêt à débourser. Une campagne de sociofinancement a permis d’amasser 109 000 livres (environ 194 000 $ canadien) pour la réalisation du Lady Dinah’s Cat Emporium. Au cours de la première journée, 7000 clients ont réservé leur place.

Juste avant notre départ, un client confie se sentir plus calme au sortir de l’établissement. « C’est une petite thérapie de passer ici ».